Entretien

Que disent vraiment les citations sur la mort : conversation avec un philosophe stoïcien

Marc Aurèle, Sénèque, Épictète, Montaigne : la philosophie occidentale n'a cessé de penser la mort, non par fascination morbide mais comme exercice pour vivre intensément. Pour comprendre le sens véritable des grandes citations stoïciennes sur la finitude, nous avons rencontré Nicolas Sergent, philosophe et traducteur de Marc Aurèle.
Portrait de Nicolas Sergent

Nicolas Sergent

Philosophe, spécialiste du stoïcisme antique

Traducteur indépendant des Méditations de Marc Aurèle et auteur d'essais sur le stoïcisme contemporain, Nicolas Sergent enseigne la philosophie à Paris depuis vingt-cinq ans et anime des séminaires de pratique philosophique inspirés des exercices spirituels antiques.

Portrait éditorial fictif. Le personnage et l'entretien synthétisent l'état de l'art du sujet.

Un bureau parisien et la voix d’un empereur mort depuis 1850 ans

Nicolas Sergent a installé son bureau au cinquième étage d’un immeuble haussmannien, derrière la place de la République. La pièce est petite, encombrée — six rangées d’étagères, un fauteuil club à l’accoudoir usé, une fenêtre qui donne sur les cheminées. Sur la table de travail, une édition de poche des Méditations de Marc Aurèle, posée à côté d’une tasse à café froide. Le livre est annoté à chaque page, plié en accordéon par les ans.

Philosophe de formation classique, Nicolas Sergent enseigne la philosophie depuis vingt-cinq ans dans un lycée parisien et anime, depuis dix ans, des séminaires de pratique philosophique inspirés des exercices spirituels antiques. Son terrain n’est pas l’université ; c’est l’application concrète, dans la vie quotidienne, des règles de pensée que les stoïciens ont mises au point. Il a traduit deux livres des Méditations dans une version qui circule entre amis et qu’il ne publie pas — « parce qu’on ne traduit pas Marc Aurèle pour un éditeur, on le traduit pour soi ».

L’entretien porte sur les citations stoïciennes les plus célèbres — celles que tout le monde connaît, memento mori, philosopher c’est apprendre à mourir, vis chaque jour comme si c’était le dernier — et sur ce qu’elles veulent vraiment dire. Pour le corpus complet, on se reportera à notre dossier sur les 80 citations philosophiques sur la vie et la mort et aux pages auteurs dédiées : Épictète, Cicéron, Emil Cioran, Bossuet.

La méditation de la mort, mode d’emploi

Marine Lavigne : Commençons par la citation la plus connue : *memento mori*, souviens-toi que tu mourras. Qu'est-ce que les stoïciens entendaient vraiment par là ?
Nicolas Sergent : Surtout pas ce que la culture populaire en a fait. Le *memento mori* n'est pas un message macabre. Ce n'est pas la mort qui est intéressante — c'est ce que la conscience de la mort fait au présent. Quand vous vous souvenez sérieusement, pas par formule mais réellement, que vous allez mourir, quelque chose se déplace dans la hiérarchie de vos préoccupations.

Marc Aurèle l'écrit dans son livre VII : *fais chaque acte comme s'il pouvait être le dernier*. Cette phrase est mal lue quand on la prend au sens du *carpe diem* — vivre pleinement l'instant. Marc Aurèle ne dit pas ça. Il dit : agis avec le sérieux que tu aurais si tu savais que cet acte est le dernier que tu ferais. Cela élimine la nonchalance, la distraction, le bâclage. Cela ne dit pas qu'il faut s'éclater ; cela dit qu'il faut être présent.

Concrètement, dans ma pratique avec mes étudiants, je leur demande chaque matin de se rappeler trois choses : qu'ils vont mourir, qu'ils ne savent pas quand, et que cette journée pourrait être la dernière. La plupart résistent au début. Une semaine plus tard, ils me disent que les conflits avec leur famille leur paraissent plus légers, qu'ils répondent moins agressivement aux mails, qu'ils écoutent davantage. Le mécanisme est simple : on ne se dispute pas sérieusement quand on a en tête qu'on va mourir.

La phrase d’Épicure, le piège de Sénèque, le secret de Marc Aurèle

Marine Lavigne : Vous distinguez nettement la phrase d'Épicure — *la mort n'est rien pour nous* — de l'attitude stoïcienne. Pourquoi ?
Nicolas Sergent : Parce qu'Épicure désamorce, et les stoïciens habitent. Épicure dit : la mort n'est rien parce que quand elle est, nous ne sommes plus. C'est un raisonnement logique impeccable, et il a calmé beaucoup d'angoisses depuis vingt-trois siècles. Mais il évacue la question.

Les stoïciens font autre chose. Ils habitent la mort — ils la portent avec eux comme une compagne. Sénèque écrit dans la lettre 70 que *mourir est moins difficile que d'apprendre à mourir*. Cette phrase est exactement à l'opposé d'Épicure. Sénèque dit : il y a un travail à faire, l'apprentissage de la mort, et ce travail est l'œuvre d'une vie. Ce n'est pas une consolation logique ; c'est un exercice spirituel.

Marc Aurèle pousse encore plus loin. Pour lui, méditer la mort n'est pas seulement une préparation ; c'est l'acte philosophique par excellence. Dans le livre IV, il écrit que le présent est la seule chose qu'on possède jamais — *le passé n'existe plus, le futur n'existe pas encore, et même la plus longue des vies tient en un instant comme la plus brève*. Cette phrase, si vous la méditez sérieusement, change votre rapport au temps. Vous arrêtez de vivre en différé.
Marine Lavigne : Beaucoup de lecteurs trouvent les *Méditations* froides, voire désespérantes. C'est votre lecture ?
Nicolas Sergent : Non. Mais je comprends pourquoi on peut le ressentir. Marc Aurèle ne console pas. Il ne flatte pas. Il décrit. Quand il écrit que tout ce qui nous semble grand est *fumée et néant*, ou que la gloire posthume est une absurdité parce que ceux qui s'en souviendront mourront aussi — ces phrases sont brutales pour qui cherche du réconfort.

Mais ce n'est pas du désespoir, c'est de la lucidité. Et la lucidité, paradoxalement, libère. Quand vous avez accepté que la gloire est vaine, que les opinions des autres sont des fumées, que vous-même allez disparaître sans laisser de trace — qu'est-ce qui reste ? Le présent et la vertu. Faire bien ce qui est devant vous. Aimer ceux qui sont à portée. Ne pas faire de mal. C'est exactement le programme stoïcien : un dépouillement qui produit une intensité.

Les *Méditations* sont peut-être le seul livre philosophique où l'auteur s'écrit à lui-même la nuit, sur un front militaire, en sachant qu'il pourrait mourir le lendemain. Cette situation d'écriture donne au texte une qualité qu'aucune œuvre académique ne peut atteindre. Marc Aurèle ne pose pas ; il survit.

Bureau d'un philosophe stoïcien avec des Méditations de Marc Aurèle ouvertes, tasse de café et carnet d'annotations sous une lampe de lecture

Pratiquer le stoïcisme aujourd’hui

Marine Lavigne : Vous animez des séminaires de pratique philosophique. Concrètement, comment fait-on pour appliquer les citations stoïciennes dans la vie quotidienne ?
Nicolas Sergent : Par une discipline simple, presque ennuyeuse, mais redoutablement efficace si on la tient sur la durée. Trois exercices forment le cœur de la pratique.

Le premier est l'examen du matin : avant de commencer la journée, prendre cinq minutes pour se rappeler ce qui ne dépend pas de soi (la météo, les humeurs des autres, les événements imprévus) et ce qui en dépend (l'attitude, l'attention, l'effort). Cette distinction, qui est la phrase fondatrice d'Épictète, vous prépare à recevoir la journée sans vous écrouler.

Le deuxième est la méditation de la mort, brève, deux minutes. Pas un exercice gothique : simplement se rappeler trois choses — vous allez mourir, vous ne savez pas quand, cette journée pourrait être la dernière. Cela suffit à recadrer.

Le troisième est l'examen du soir — directement hérité des stoïciens romains, repris par les jésuites, popularisé par Sénèque dans sa lettre 28. À la fin de la journée, repasser mentalement les moments où vous avez été à la hauteur et ceux où vous ne l'avez pas été. Sans culpabilité, sans flagellation : juste un examen lucide. Demain, vous ferez mieux.

Ces trois exercices, pratiqués pendant trois mois, changent profondément la manière de traverser les journées. Mes étudiants me rapportent les mêmes effets : moins de réactions impulsives, plus de patience, des relations sociales apaisées, une capacité accrue à faire face aux imprévus.
Marine Lavigne : Le stoïcisme a la réputation d'être une philosophie un peu froide, presque déshumanisée. Est-ce justifié ?
Nicolas Sergent : Cette réputation vient d'une mauvaise traduction. Le mot grec *apatheia* — qui désigne l'idéal stoïcien — a été traduit par *apathie* en français, ce qui suggère l'indifférence. Mais *apatheia* signifie plutôt l'absence de passion désordonnée — c'est-à-dire la maîtrise des émotions toxiques, pas leur extinction.

Marc Aurèle aimait sa femme Faustine, ses enfants, ses précepteurs. Il pleurait quand il les perdait. Sénèque, dans ses *Consolations*, console des mères qui ont perdu leur enfant — il ne leur dit pas de ne pas pleurer, il leur dit de pleurer en sachant pourquoi. Le stoïcisme ne prêche pas l'absence d'émotions ; il prêche la lucidité dans les émotions.

Si vous lisez attentivement les *Méditations*, vous trouvez des passages d'une humanité bouleversante. Marc Aurèle remercie ses précepteurs, nomme ses gratitudes, regrette ses fautes. C'est tout sauf un robot. C'est un homme qui essaye, avec les outils dont il dispose, de tenir bon dans une situation impossible.

La citation, instrument philosophique

Marine Lavigne : En tant que professeur, comment utilisez-vous les citations stoïciennes avec vos élèves ?
Nicolas Sergent : Avec une précaution méthodologique : je commence toujours par le contexte. Une citation stoïcienne arrachée à son contexte devient un slogan inoffensif. *Ce qui ne me tue pas me rend plus fort* est de Nietzsche, pas des stoïciens, mais ça circule comme du Marc Aurèle. *Carpe diem* est d'Horace et signifie l'inverse de ce qu'on en fait. Les citations philosophiques sont des objets fragiles ; elles supportent mal la manipulation.

Avec mes élèves, je prends une citation par séance — une seule. *Vis chaque moment de ta vie comme s'il était le dernier* (Marc Aurèle, VII, 56). On lit le contexte, on traduit, on commente, et surtout on essaye. Je leur demande de pratiquer la phrase pendant la semaine et de revenir avec leur expérience. Ce n'est pas un cours d'histoire de la philosophie ; c'est un atelier d'expérimentation.

La règle des moralistes du XVIIe — Pascal, Joubert — est exactement la même : une seule citation par jour, copiée à la main, méditée en marchant, reprise le soir. C'est extraordinairement banal et extraordinairement puissant. Quatre-vingts citations vues une seule fois ne valent pas une seule citation pratiquée pendant un mois.

Stoïcisme et thérapies modernes

Marine Lavigne : Les thérapies cognitivo-comportementales modernes reprennent-elles les principes stoïciens, comme on l'entend parfois ?
Nicolas Sergent : Très directement. Aaron Beck, le fondateur des TCC dans les années 1960, a explicitement reconnu sa dette envers Épictète. Le principe central des TCC — ce qui produit notre détresse n'est pas l'événement mais l'interprétation que nous en faisons — est mot pour mot la cinquième phrase du *Manuel* d'Épictète, écrite vers l'an 100.

Albert Ellis, l'autre pionnier des thérapies cognitives, citait régulièrement Épictète et Marc Aurèle dans ses conférences. La psychologie positive de Martin Seligman, plus récente, fait la même chose. Et la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) reprend, sans toujours le savoir, des éléments stoïciens fondamentaux : la dichotomie du contrôle, l'acceptation de ce qui est, l'engagement vers les valeurs.

Les passerelles entre stoïcisme antique et psychothérapies contemporaines sont nombreuses, et plusieurs ressources en français les explorent — par exemple les contenus rassemblés par Combattre la dépression, qui font dialoguer les outils des Anciens avec les approches scientifiques modernes. C'est un champ de recherche fertile : la philosophie antique et la psychologie clinique convergent vers les mêmes intuitions, par des chemins très différents.

Buste antique de Marc Aurèle en marbre dans une bibliothèque privée, lumière chaude tamisée du soir

Questions rapides : les idées reçues sur le stoïcisme

Marine Lavigne : Quelques affirmations à valider ou corriger.
Marine Lavigne : Les stoïciens étaient indifférents à la souffrance ?
Nicolas Sergent : Faux. Ils enseignaient à supporter la souffrance, pas à ne pas la sentir. Marc Aurèle souffrait de douleurs gastriques chroniques — il en parle dans son livre. Il ne nie pas la douleur ; il la met à sa place.
Marine Lavigne : *Ce qui ne me tue pas me rend plus fort* est une formule stoïcienne ?
Nicolas Sergent : Faux. C'est de Nietzsche, *Crépuscule des idoles*, 1888. Les stoïciens n'auraient pas cette formulation : pour eux, l'épreuve n'a pas de fonction de renforcement automatique ; elle est l'occasion d'exercer une vertu déjà présente.
Marine Lavigne : Le stoïcisme prêche l'acceptation passive de tout ?
Nicolas Sergent : Faux. Il distingue ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. On accepte ce qui n'en dépend pas ; on agit avec rigueur sur ce qui en dépend. Marc Aurèle était empereur, il n'avait rien d'un quiétiste.
Marine Lavigne : Les stoïciens étaient des hommes seuls et froids ?
Nicolas Sergent : Faux. Le premier livre des *Méditations* de Marc Aurèle est entièrement consacré à des remerciements à ceux qui l'ont formé — sa mère, son grand-père, ses précepteurs, ses amis. C'est l'un des plus beaux textes sur la gratitude jamais écrits.
Marine Lavigne : Le stoïcisme est compatible avec une vie professionnelle moderne ?
Nicolas Sergent : Vrai, et particulièrement utile. Les exercices stoïciens — examen du matin, méditation de la mort, examen du soir — prennent dix minutes par jour. Ils stabilisent l'attention, réduisent les réactions émotionnelles, améliorent la qualité des décisions. Beaucoup de mes étudiants en burn-out professionnel y trouvent un cadre.

Conclusion : trois choses à retenir

Nicolas Sergent : Si je devais résumer en trois points ce qu'il faut savoir sur les citations stoïciennes sur la mort, je dirais ceci.

Premièrement — les citations stoïciennes ne sont pas des slogans. Elles sont des exercices. *Memento mori* n'a aucun sens si on le prononce sans le pratiquer. Le stoïcisme est une philosophie pratique avant d'être une philosophie théorique.

Deuxièmement — méditer la mort n'est pas se fasciner pour la mort. C'est utiliser la conscience de la finitude comme un instrument pour clarifier le présent. Le résultat est une intensification, pas une morbidité.

Troisièmement — la voix de Marc Aurèle, qu'on entend dans les *Méditations*, est celle d'un homme qui essaie. Pas d'un sage accompli. Pas d'un maître. D'un homme qui, comme nous, doit recommencer chaque matin. C'est ce qui rend ce livre éternellement actuel : il ne nous enseigne rien que nous ne puissions apprendre nous-mêmes, par la même méthode — l'attention, la patience, le retour quotidien.

Le café de Nicolas Sergent était toujours froid. Sur la table, l’édition annotée des Méditations portait, en marge du livre VII, un papier collé avec une phrase écrite au stylo : Ne te trouble pas pour ce qui ne dépend pas de toi. C’est, en cinq mots, le résumé de tout. Pour le corpus complet sur la vie et la mort, on consultera notre dossier des 80 citations philosophiques, les pages citations sur la mort et citations sur la vie ; pour les auteurs cités dans cet entretien, les pages Épictète, Cicéron, Emil Cioran et Montesquieu approfondissent leur pensée. Pour les sagesses qui rejoignent le stoïcisme par d’autres voies, les proverbes latins du memento mori, les proverbes amérindiens sur la finitude et les citations de Bouddha sur l’impermanence offrent des entrées complémentaires. Sur l’usage thérapeutique des philosophies anciennes, les ressources de Combattre la dépression approfondissent les passerelles entre stoïcisme antique et psychothérapies contemporaines. Pour les lecteurs intéressés par la maniere dont la tradition chrétienne occidentale a relayé et transformé l’exercice stoïcien du memento mori — particulièrement à travers la fête de la Toussaint et la commémoration des fidèles défunts —, le dossier des traditions de la Toussaint et du jour des morts publié par les paroisses de Saint-Fons et Feyzin propose une lecture éditoriale parallèle, où la méditation antique de la finitude rencontre la liturgie catholique du recueillement.

Entretien réalisé à Paris, avril 2026. Nicolas Sergent est un personnage éditorial fictif. Ses propos synthétisent l’état actuel de la pratique philosophique stoïcienne contemporaine, en s’appuyant sur les travaux de Pierre Hadot, de Pierre Vesperini, de Jean-Baptiste Gourinat et de William B. Irvine.

Questions fréquentes

Parce que la conscience quotidienne de la finitude opère une hiérarchisation immédiate. Les soucis périphériques perdent leur poids, l'essentiel devient visible. Marc Aurèle écrit dans ses Méditations qu'il faut faire chaque acte comme s'il pouvait être le dernier — non par fatalisme mais pour rendre cet acte digne. Le memento mori stoïcien est un instrument pédagogique, pas un exercice morbide.

Non, elle est épicurienne — Épicure et les stoïciens divergent sur ce point. Pour Épicure, la mort n'est pas un mal puisqu'elle est absence de sensation. Pour les stoïciens, la mort n'est ni bonne ni mauvaise en soi : elle relève des choses qui ne dépendent pas de nous, donc elle ne doit pas troubler. Les deux écoles arrivent à une attitude de calme face à la mort, mais par des chemins différents.

Les TCC modernes — particulièrement la thérapie cognitivo-comportementale d'Aaron Beck — reprennent presque mot pour mot le principe central d'Épictète : ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes mais les opinions qu'ils en ont. Les stoïciens contemporains, dont je fais partie, voient dans les TCC une reprise scientifique d'une intuition philosophique vieille de deux mille ans.

Aux dernières recherches philologiques, le titre original des Méditations était probablement Ta eis heauton — littéralement 'choses pour soi-même'. Il ne s'agit donc pas d'un livre destiné à la publication mais d'un journal intime philosophique, écrit la nuit, sur le front du Danube, par un empereur qui essayait de tenir bon. Sa puissance vient précisément de cette absence d'adresse à un lecteur.

Profondément. Plusieurs courants contemporains — psychologie positive, thérapie d'acceptation et d'engagement, méditation de pleine conscience — convergent avec les exercices stoïciens. La différence est que la psychologie moderne s'appuie sur l'expérimentation, alors que les stoïciens s'appuyaient sur l'expérience directe. Les conclusions se rejoignent largement.